100% de matières plastiques recyclées d’ici 2025, un objectif atteignable ?

Le retard de la France en matière de recyclage de plastiques

Le mois dernier, le nouveau premier ministre Edouard Philippe annonçait son ambition d’atteindre un taux de 100% de matières plastiques recyclées d’ici 2025 sur le sol français. Un objectif qui paraît assez utopique aux yeux de certains. Cet objectif environnemental est-il réalisable ? Surtout en France, où le retard en matière de tri et de recyclage des déchets est très probant ?

Objectif 100% de matières recyclées

Début juillet, Edouard Philippe, notre nouveau premier ministre, secondé quelques jours plus tard par Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, annonçait son ambition d’augmenter le taux de matières plastiques recyclées sur le sol français à 100%. Etant donné que la France ne réutilise actuellement que deux tiers de ses matières plastiques, cet objectif arrive avec une ombre d’incertitude : est-ce vraiment réalisable, pour nous, les Français, si mauvais élèves en matière de tri et de recyclage des déchets ?

Ne pas confondre « recyclé » et « réutilisé »

Ce qui a choqué dans le discours de Mr Philippe, c’est son utilisation du mot « recyclé ». S’il avait utilisé le mot « réutilisé » ou « valorisé », comme on le fait souvent en matière d’écologie, alors son affirmation aurait sans doute moins choqué. Il faut en effet bien comprendre que le recyclage n’est pas la seule solution écologique. A l’heure actuelle, nous parlons de deux tiers des matières plastiques française « réutilisées », non « recyclées ». De la même manière, si l’on nous compare à nos voisins hélvètes, très bon élèves en la matière, on arrive à un taux exceptionnel de 90% de plastiques… « valorisés », et non « recyclés », encore une fois.

Prendre les « R » dans le bon ordre

Ce dont il faut également se rappeler, c’est qu’en matière d’écologie, on parle des « 3 R » : réduire, réutiliser, recycler ; et que recycler figure bien en dernier de la liste. Avant de penser à recycler le plastique, il faut donc s’atteler à réduire la quantité de plastiques utilisés. Le gouvernement pourra faire tous les efforts du monde pour augmenter la quantité de plastiques recyclés, si la population ne fait pas d’effort pour réduire la quantité de plastiques utilisés, le taux de recyclage restera le même.

Deux « R » en plus

Nos voisins hélvètes, en avance en la matière, on même ajouté deux « R » à notre fameuse liste. Chez eux, le slogan est donc devenu : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter – « rot » en anglais. On voit bien ici que le changement doit se faire au niveau des mentalités. Avant même de penser à recycler, il faut apprendre à refuser. Refuser d’acheter un bureau neuf pour préférer une table de formation d’occasion, refuser des tracts publicitaires dans la rue, refuser le ticket à la caisse, refuser les produits sur-emballés pour préférer les produits en vrac…

Refuser représente effectivement un réel signal au producteur qui pourrait, à terme, en venir à modifier ses pratiques. Si l’on veut donc aider le gouvernement à tenir ses promesses, il faudra donc donner du nôtre. Ceux qui croient ainsi que l’ambition du premier ministre n’est pas réalisable sont peut-être tout simplement ceux qui ne sont pas prêt à mettre la main à la pâte.

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